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Rencontre avec Pascal Roche

Pascal Roche,
ingénieur à l’office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema)

Ouvrages anciens ou récents, formant un obstacle à l’écoulement des eaux dans le lit mineur du cours d’eau, les seuils génèrent de fortes nuisances environnementales, pour la migration du poisson par exemple, ou pour le réchauffement des eaux. Depuis 2008, le Syndicat de l’Yzeron a conduit d’importants travaux pour supprimer ou aménager les principaux seuils présents en rivière et améliorer ainsi la circulation piscicole et la reproduction des espèces. Rencontre avec Pascal Roche qui revient sur le rôle des aménagements et l’importance des travaux menés par le SAGYRC...

Pourquoi supprimer ces « seuils » ?

Pour plusieurs raisons : ils bloquent la circulation des espèces aquatiques, en particulier des poissons, et déséquilibrent le fonctionnement naturel de la rivière. Ces seuils créent des eaux calmes qui se réchauffent davantage, à tel point qu’on risque d’atteindre des températures limites pour la survie des truites. Enfin, ils s’ensablent, engendrant des milieux beaucoup plus pauvres en biodiversité. Les supprimer permet de résoudre tous ces problèmes d’un coup, de restaurer les chaînes biologiques et d’accroître le rôle d’épuration naturelle du cours d’eau. Une passe à poissons n’est jamais aussi efficace que l’enlèvement d’un seuil.

Ne permettent-ils pas de limiter les inondations ?

Ces seuils n’ont pas d’effet de réduction des débits de crue. Ils tendent même à aggraver localement les effets des crues puisqu’ils relèvent le niveau de l’eau en amont, et donc favorisent les débordements. Ce peut être souhaitable en zone d’expansion des crues mais pas en zone urbanisée.

Est-il pertinent d’éliminer seulement certains seuils quand on ne peut les enlever tous ?

Oui, cela vaut le coup, même si on ne peut en ôter qu’un sur deux. Supprimer un seul seuil permet de retrouver une bonne fonctionnalité du cours d’eau sur plusieurs centaines de mètres.

Quel est votre regard sur les opérations conduites dans l’Yzeron ?

Le Syndicat a mené une opération très volontariste, exemplaire, dans un contexte parfois délicat. Même si aujourd’hui ces seuils ne servent plus, beaucoup de riverains estiment qu’ils représentent un héritage de nos anciens, qu’il faut conserver et entretenir.